FONDS DE DOTATION INVESTDOCK
Pourquoi nous soutenons ce projet " Se nourrir avec l'alphabet "
Ne pas savoir lire et compter c'est comme être aveugle au royaume des voyants.
Un modeste coup de pouce pour permettre à toute la vaillance à faire vivre leurs familles
de ces méritantes et méritants villageois de s'exprimer pleinement sans risques
et d'être chacune et chacun d'égaux citoyens dans l'équité.
Présentation du projet de
Centre d’alphabétisation de Kononfla
en Côte d’Ivoire

Présentation du projet de Centre d’alphabétisation de Konfla en Côte d’Ivoire
Projet réalisé par l’association MOSAÏQUE en collaboration avec l’association ivoirienne LA PRESSE LOCALE
Description du projet et contexte local :
Le projet se situe dans la ville de Kononfla au sud-ouest de la capital Yamoussoukro. L’ensemble de la population se répartie autour du seul axe routier qui traverse la ville.
Le dynamisme de la ville est important avec de très nombreux commerces, boutiques, services de restauration, etc. La dynamique de l’emploi reste très informelle mais il apparaît que la ville de Kononfla s’est structuré autour de plusieurs communautés qui échange des biens et des services très divers. Ceci est accentué par les activités agricoles, notamment celle du cacao, qui emploi des personnes de la ville de façon saisonnière. Sur le plan religieux une importante communauté musulman côtoie une communauté plus petite de chrétien. A l’instar du reste du pays, il n’y a pas de problématique entre les religions.
Le Projet consiste dans le développement de l’alphabétisation notamment des femmes et enfants non-scolarisés ou déscolarisés. La mise en œuvre du projet est réalisée par l’association MOSAÏQUE en collaboration avec l’association “La Presse Locale de Kononfla” formée de plusieurs individus dont notamment des journalistes et des enseignants communautaires.
La ville de Kononfla connaît une croissance démographique importante. Si l’apprentissage et l’accessibilité à des infrastructures scolaires tout au long du cycle s’est grandement amélioré depuis le début des année 2000, les crises politiques et sociales ont impacté la scolarisation et la qualité de l’éducation de nombreuses personnes.
Les chiffres officiels montrent que 67% des femmes restent analphabètes et 52% des enfants en âge d'aller à l'école ne le peuvent pas faute de moyens financiers”.
En 2018, en Côte d’Ivoire le taux d’alphabétisation est selon la banque mondiale de 47%. En 2016, le taux de poursuite d’études jusqu'à la fin du cycle de primaire était de 73%
L’association La Presse Locale de Kononfla, intervient depuis 2010 dans la ville afin de réaliser des cours d’alphabétisation et couvrir différents événements de la ville. Cette initiative a pris forme suite à la rencontre entre Oriane Pajot de l’association MOSAÏQUE et les membres de La Presse Locale. Le centre d’alphabétisation porte aujourd’hui le nom de Centre Oriane PAJOT.
L’association MOSAÏQUE a alors entrepris d’aider et encourager cette initiative locale en y apportant son savoir-faire en conduite et accompagnement des projets de solidarité internationale.
Pendant plus d’un an, les activités se sont réalisées dans l’école primaire avant qu’un premier projet viennent permettre le déplacement des cours. La Presse Locale a loué des salles à partir de mi-2011 afin d’être moins contrainte au niveau des horaires et plus dépendante de la présence ou non du directeur pour ouvrir les salles de classe.
Le partenariat a continué avec la venue de plusieurs personnes et c’est à partir de 2015 qu’a été décidé de créer un centre spécifique pour la Presse Locale afin de répondre à une demande croissante de la part des femmes et des hommes.
C’est dans ce contexte local et partenarial qu’est né la volonté d’assurer la viabilité des activités d’alphabétisation et d’apporter une stabilité financière à l’organisation ivoirienne tout en répondant à des inscriptions en hausse. Ces dernières ne pouvant pas se concrétiser dans des conditions de qualité car la capacité tant matérielle, qu’humaine est insuffisante pour accueillir l’ensemble des apprenant.e.s.
C’est dans ce cadre que s’inscrit la construction du centre d’alphabétisation.
Pertinence et cohérence :
Rappel :
La pertinence interroge la stratégie d’intervention : dans quelle mesure les actions menées correspondaient-elles bien aux attentes, demandes, besoins des bénéficiaires et du territoire.
La stratégie déployée était-elle la meilleure ou pouvait-on en envisager d’autres ? etc.
La cohérence s’interroge sur la plus-value de l’association Mosaïque dans son action et sa complémentarité avec les autres structures :
Dans quelle mesure l’association Mosaïque est-elle la plus adaptée pour répondre au besoin ?
A-t-elle agi en complémentarité ou en concurrence des autres structures ? etc.
Le projet repose sur une situation très spécifique d’un ancrage déjà important de l’association la Presse Locale de Kononfla qui existe depuis 2010 et réalise des activités d’alphabétisation depuis de nombreuses années.
Le gouvernement ivoirien a rendu obligatoire la scolarisation de 3 à 16 ans en 2016. Dans les faits, il n’est pas rare que de nombreuses personnes et notamment les jeunes filles ne poursuivent pas jusqu’à l’âge minimum d’arrêt. De plus, si cette politique est aujourd’hui active, la déscolarisation ou la non-scolarisation ont été accentuée par l’instabilité politique dans le pays au cours des années 2010.
Ainsi les cohortes de jeunes des années 80/90/2000 qui sont en âge de travailler n’ont pas les savoirs nécessaires pour s’insérer sur le marché du travail. Le taux d’alphabétisme chez les femmes (67%) et les difficultés de scolarisation des jeunes explique la nécessité de non seulement corriger une situation passée mais aussi une situation présente.
Il y a donc un véritable besoin de la population.
La stratégie déployée via la proposition de cours du soir est une bonne solution qui s’adapte bien aux contraintes des bénéficiaires. La nécessité de construire un centre est pertinent au vu des faibles moyens de l’association locale qui en plus de devoir payer des animateurs doit en plus payer un loyer pour les 2 salles de classe qui sont en plus très exigu.
Au vu des informations et de la volonté des autorités de massifier l’accès à l’éducation notamment en zone rurale et péri-urbaine, on peut considérer que le projet est cohérent. Il s’inscrit dans les plans locaux régionaux et nationaux d’éducation. Plus encore le projet a pour objectif de corriger des problèmes issus de difficultés passées d’accès non seulement à des infrastructures éducatives mais aussi à une éducation de qualité (ODD4).
Efficacité : (L'efficacité est le fait d’atteindre les objectifs)
Avant toute chose, il convient de rappeler les objectifs initiaux du projet énoncé par l’association Mosaïque.
Les objectifs généraux (OG) du projet étaient :
- Réussir l'alphabétisation et la formation des populations de Kononfla
- Autonomiser et pérenniser le Centre d’Alphabétisation.
- Appuyer une dynamique citoyenne visant l'implication des populations de Kononfla et des collectivités Ivoiriennes dans les actions de Développement de leur localité.
Les objectifs spécifiques étaient au nombre de cinq :
- O.S.1: doter l'association "Presse Locale" d'un Centre lui permettant de mener à bien les missions d'alphabétisation.
- O.S.2: Proposer aux enseignants et aux élèves des supports pédagogiques de qualité et adapté au contexte local.
- O.S.3: mettre en place un accompagnement quant à l'animation d'actions de sensibilisation et d'éducation à la citoyenneté.
- O.S.4: Mettre en œuvre une campagne de sensibilisation thématique, sur la nécessité et la pertinence de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.
- O.S.5: rendre visible le projet auprès des collectivités locales Ivoiriennes (en commençant par la région du Marahoué) et chercher leur soutien pour déployer le projet sur d'autres territoires.
La jeunesse, qui pour ce projet est principalement composée de femme, est un potentiel important tant sociale, qu’économique pour la Côte d’Ivoire. Le fait de bien former cette jeunesse qui ne peut plus aller à l’école pour apprendre les bases mais peut rattraper les cycles secondaires est fondamentale.
Au-delà de ces points, il est important de souligner un propos mis en avant par les membres de la Presse locale. Une jeunesse qui sait lire, écrire et compter est aussi une jeunesse qui peut participer au bon déroulement de la vie sociale, politique ou autre.
Pérennité : (la pérennité d’un projet est sa capacité à perdurer dans le temps)
La question de la pérennité est un point essentiel mais difficile pour les structures qui ont des activités à vocation sociale.
Comme évoqué précédemment dans le rapport, le recouvrement des cotisations est faible et dépend des caractéristiques sociales et financières des individus. De plus, il y a une volonté tout à fait respectable de ne pas interdire les cours à une personne qui n’aurait pas payé. Ce qui est un bon principe pour la continuité de l’apprentissage mais impose des contraintes financières pour payer les intervenants.
La construction du centre doit éviter de payer des loyers et d’augmenter les effectifs des classes. Néanmoins, des coûts inhérents à la maintenance d’un tel bâtiment n’ont pas forcément été bien envisager par l’association locale.
Recommandations et perspectives :
- Il apparaît comme fondamental de mettre en place des protocoles d’alphabétisation qui pourrait être répliquer. Une méthodologie précise et adaptable au contexte. Certains documents d’autres ONG doivent déjà exister et être une source d’inspiration. Le partage de bonnes et de mauvaises pratiques est fondamentale.
- Il est nécessaire de trouver un moyen de pérenniser la structure et le centre.
Avec le soutien financier des partenaires et dans le but d’assurer l’autonomisation du centre d’une part et de l’autre, celle des apprenantes, le centre d’alphabétisation Oriane PAJOT de Kononfla a initié des activités génératrices de revenus depuis le mois de Mars 2022. Ces activités sont les suivantes
- Un potager
- La mise en circulation d’un triporteur
- La location des tentes
BILAN DE CETTE ACTIVITE
- Le potager
35 apprenantes sont reparties sur un espace de 1 hectare morcelé, avec des parcelles communautaires. De 2022 à 2024, les conditions climatiques favorables ont permis aux femmes d’avoir une bonne production et d’approvisionner un magasin de stockage que nous avons loué aux abords du marché central de Kononfla. Ainsi chaque mercredi, vendredi et dimanche, les apprenantes s’alternaient à la vente. Les ressources de ces ventes, gérées par un comité de gestion composé d’apprenants a permis de payer le salaire des 4 animateurs du centre, de payer les factures de l’eau et de courant ainsi que des matériels didactiques. Ces ressources ont ainsi permis à une apprenante de renforcer son commerce, quand les autres s’en servaient pour scolariser leurs enfants et se rendre autonomes vis-à-vis de leurs époux.
- Le triporteur
La mise en circulation du triporteur a été très bénéfique au centre d’alphabétisation. Cependant les fréquentes pannes ont baissé un peu sa force de production de ressources. Malgré cet état de fait, le triporteur est toujours en circulation, avec une baisse considérable de ses activités eu égard à son état qui se dégrade de plus en plus.
- La location de la tente
Une tente est disponible et mise en location lors des grands évènements. Cette activité quoique rentables est au rythme des évènements. Seuls les fonds de cette activité soutiennent tant bien que mal le centre qui fait face à plusieurs besoins dont la paie des salaires des animateurs.
Témoignages de bénéficiaires :
- Mme J.M recherchait des cours du soir afin d’apprendre à lire et à écrire notamment pour son activité économique. Elle rencontrait beaucoup de problèmes pour gérer l’argent de son activités économique et ne pouvait s’exprimer que dans sa langue et les calculs étaient difficiles. La pratique du français permet de mieux commercer.
- Mme A .D quant à elle n’est jamais allée à l’école et la Presse Locale lui a permis d’avoir des cours adaptés à son niveau
- Mme Z. L a été déscolarisée et n’a pas pu finir le niveau primaire. Elle a passé l’examen du CEP et poursuit actuellement ses études.
- Elle a été à l’école Franco-Arabe et a poursuivi des cours le soir. Elle souhaite devenir sage-femme. Une meilleure compréhension du français lui a permis d’avancer plus vite dans ces études.
- Elle souhaite devenir institutrice.
Les membres de la presse locale distinguent la déscolarisation de la non-scolarisation. La première étant une rupture dans le processus de scolarisation tandis que la seconde est le processus de ne pas scolariser. Les bénéficiaires sont exposés aux deux problématiques sachant que ce sont les femmes qui sont le plus exposées au phénomène.









